mercredi 21 novembre 2012

A Hawaï, des millions de mini-crabes mutants ?


La chaine de TV KHON2 située à Hawaï a reporté la découverte sur les plages de l’île d’Oahu de millions de minuscules crabes d’une espèce inconnue jusque là, qui surprennent les promeneurs et défient les biologistes.
Des millions de créatures qui défient les biologistes marins
Le biologiste Norton Chan de l’aquarium de Waïkiki a avoué aux reporters de KHON2 qu’il était incapable à ce jour d’identifier précisément cette espèce tout en rappelant que l’océan conservait une aura de mystère.
Étranges créatures non identifiées à Hawaï
Il semble que les animaux appartiennent à la famille vernaculaire des crabes mais soient encore dans une phase juvénile susceptible d’évoluer.
Une explication possible : les îles d’Hawaï sont situées sur le courant Nord-Pacifique à environ mi-chemin entre le Japon et la côte Ouest des États-Unis ; savez-vous que les îles Polynésiennes (ainsi qu’une bonne partie de la côte Ouest des USA) seront plus affectées à terme par le Césium-137 relâché par Fukushima-Daiichi que la côte Est du Japon par exemple ?
Concentration en Cs-137 en août 2012 (projection Behrens)
Les crabes se nourrissant de détritus divers, il n’est pas interdit de penser qu’ils soient les premiers animaux contaminés par les radio-éléments échappés de la catastrophe Japonaise. La biodiversité marine est si fragile et les effets de la radioactivité dans les océans si mal documentés…

Du Xénon-133 retrouvé en Amérique du Nord prouve que Fukushima est tout sauf un accident localisé


Une équipe Canadienne du centre pour la recherche scientifique a procédé, en mars et avril 2011 soit quelques jours / semaines après la phase aiguë de la catastrophe Japonaise de Fukushima-Daiichi, à une campagne de mesures aériennes et terrestres au niveau de l’île de Vancouver à la recherche de radioisotopes pouvant être directement reliés à la contamination émanant de l’autre côté de l’océan Pacifique, à plus de 7500 Km du Canada. Du Xénon-133 a été « tracé » lors de ces mesures.
Des gaz nobles mesurés au Canada prouvent que Fukushima n'est pas qu'un accident impliquant le Japon

Détails intéressants sur la campagne de mesure

A la différence des campagnes de mesures Japonaises souvent très mal documentées, les Canadiens ont fourni dans leur papier pas mal de détails très clairs sur les équipements et les méthodes utilisés. On apprend ainsi (sans surprise) que les relevés ont été menés conjointement à bord d’un avion Pilatus PC-12 de la police montée Canadienne volant à une altitude moyenne de 250 m et à environ 2 à 3 miles au large de la côte occidentale de l’île de Vancouver, ainsi que par des détecteurs installés sur des plateformes mobiles terrestres. Les Canadiens semblaient prendre la menace radioactive au sérieux… Qu’en est-il exactement des mesures ?
L’aéronef se tenait suffisamment loin de la terre pour éviter les interférences radiologiques éventuelles comme les concentrations naturelles de minerais radioactifs susceptibles de perturber les mesures. Le développement horizontal de la mesure s’est étendu sur une distance d’environ 350 km à une vitesse constante d’environ 410 km/h.

Les détecteurs utilisés

L’avion était équipé d’un ensemble de cinq gros cristaux NaI(Ti) 4x4x16 pouces (10x10x40 cm) qui représentaient un volume total actif d’environ 20 litres (!), volume nécessaire pour obtenir une bonne sensibilité aux photons Gamma émis par les radionucléides baladeurs.
Chaque cristal était isolé sur le plan optique des autres (1) et équipé d’un tube photomultiplicateur visant  à amplifier la désintégration des photons entrants se déchargeant au niveau des capteurs pour en permettre le comptage ultérieur. Les cristaux d’Iodure de Sodium (NaI) dopés au Thallium (Ti) permettent de convertir l’énergie induite par les désintégrations des radionucléides en lumière visible par le principe bien maîtrisé de la scintillation Gamma.

La bande passante énergétique de l’équipement

Le spectre énergétique de l’équipement utilisé par les Canadiens permettait de relever des énergies variant de 0 à 3 MeV (2), un équipement complémentaire permettant d’estimer l’interaction des rayons cosmiques (Muons) sur le spectre 3 – 6 MeV.
Le spectre « normal » relevé à l’intérieur d’un immeuble (Thomas Swan) : les radio-isotopes « naturels » dominent comme le K-40 (Potassium), les plomb-214 et Bismuth-214 (descendants Gamma du Radon)…

La déduction du bruit de fond « naturel »

Avant de procéder au comptage et à l’identification des radionucléides recherchés, il est nécessaire de procéder à une première correction permettant de déduire grossièrement de la mesure brute le niveau du « bruit de fond » autrement dit le niveau « naturel » des différents éléments dans un contexte « normal ». Cette opération est réalisée simplement en soustrayant la courbe d’un spectre considéré comme « normal » des relevés graphiques obtenus (3).
On soustrait de l’échantillon analysé (marqueurs noirs, 20/3/11) le bruit de fond (rose) relevé 15 jours plus tard (21/4/11). Nous ferons remarquer que cette méthode de déduction post-analyse n’est évidemment pas parfaite mais, dans un cadre accidentel, à défaut d’échantillon prélevé de manière anticipée, il s’agit hélas de la seule option envisageable.

Les déductions secondaires

Les muons, particules ionisantes crées lors de la désintégration des rayons cosmiques dans la haute atmosphère peuvent également influencer la mesure globale mais leurs effets principaux se produisent majoritairement dans un spectre nettement supérieur à celui des radioisotopes recherchés. Leur action est généralement considérée comme minime.
Cependant, afin de réduire au maximum une éventuelle perturbation, plusieurs relevés complémentaires ont été effectués à des altitudes supérieures afin de dresser une courbe au niveau de 250 m utilisé pour la mesure. La courbe résultante est représentée par une ligne discontinue verte sur le graphique ci-dessus.
Il est enfin souhaitable d’éliminer une éventuelle contamination émise par l’avion renifleur lui-même, qui pourrait par exemple, dans le cas d’un aéronef dédié à cette tâche, avoir été contaminé lors de campagnes de mesure précédentes. Pour effectuer cette dernière pondération, un équipement similaire est installé sur un aéronef différent et les résultats sont comparés.

Étalonnage de l’instrumentation

L’un des points critiques de toute opération de quantification de radioactivité consiste à étalonner la mesure obtenue par rapport à une ou des sources connues. En effet, si l’identification des radioisotopes est facilitée par leur signature énergétique unique, la quantification qui suit cette identification est nettement plus complexe.
On peut effectuer une approche sommaire en considérant que la bande passante de la chaîne de comptage est globalement linéaire et effectuer un étalonnage restreint à l’aide d’un nombre limité de radioéléments significatifs du spectre envisagé (4).
Dans le cadre plus strict d’une étude scientifique, il est nécessaire d’étalonner le plus précisément possible le ou les isotopes recherchés en étalonnant finement – quand l’opération est possible – la chaine de comptage directement au contact de sources identifiées des mêmes radioisotopes. Dans notre cas, si l’on recherche le Xenon-133, il est particulièrement intéressant de calibrer l’appareil directement sur une source identifiée de ce même Xénon-133.

Le Xénon-133

Le Xe-133 fait partie des gaz dits « rares » (car très peu présent naturellement sur terre), il présente une période ou demi-vie courte (5.25 jours), ce qui l’amène – si la source est tarie – à disparaître complétement au bout d’environ 2 mois. Considéré comme relativement peu radiotoxique (tableau IV) du fait de sa faible capacité d’incorporation (5) ou plutôt de sa décorporation rapide (6) ; il est souvent – à tort – mésestimé dans les calculs de retombées (terme-source). Les gaz nobles sont en fait – même si le Xénon est 50 fois plus lourd que l’hydrogène en phase gazeuse – les premiers radioéléments relâchés dans l’atmosphère car ils sont les plus mobiles des inventaires radioactifs et cette caractéristique permet de considérer globalement qu’en cas d’accident majeur, 100% de l’inventaire global des gaz nobles est généralement relâché dans l’atmosphère.
Plus spécifiquement, à Fukushima-Daiichi, nos excellents confrères de l’AIPRI ont calculé que la totalité du Xenon-133 en inventaire relâché pouvait être évalué à environ 2.4 kg (soit environ 0.5 m3) ce qui représenterait environ 400 millions de doses létales (pulmonaires ?) très généreusement dispersées dans l’atmosphère et ayant apparemment effectué a minima un voyage de 7500 km.
Évidemment, les zélateurs nucléocrates vous sortiront des effets de seuil – comme les avocats sortent des effets de manche – pour vous expliquer une nouvelle fois que les concentrations sont négligeables et ne représentent aucun danger tant que les seuils « magiques » ne sont pas dépassés ; aucun danger ? Sachez bien que cela n’existe pas en terme de radioactivité, lesrécentes études sur le radon et les imageries irradiantes en apportent la preuve : le lien reliant la radioactivité et le développement de cancers est bien plus direct et précis que ce que le village nucléaire aimerait bien vous faire croire… encore un peu.

Synthèse des résultats de la campagne de mesure Canadienne

Les scientifiques Canadiens ont constaté lors du relevé effectué le 20 mars 2011 un pic très significatif à 81 KeV correspondant à la raie Gamma la plus marquante du Xénon-133 ; le niveau relevé alors représentait environ 6 à 7 fois la mesure d’étalonnage effectuée – hélas – ultérieurement, environ 1 mois plus tard. Au niveau activité, ceci représentait une concentration d’environ 30 à 70 Bq / m3. Les concentrations les plus élevées ont été relevées au niveau de laWest Coast Trail, près de la frontière Nord-Américaine.

[EDIT du 29/10] Nous apprenons dans cette autre étude scientifique américaine qu’une concentration de 40 Bq/m3 est 40.000 fois supérieure à l’activité habituelle du « rare » Xe-133 sur la côte Ouest de l’Amérique du Nord.
Concentration en radioxénons du 1/3/11 au 31/3/11à Richmond, Wa, USA. Notez l’échelle logarithmique et la valeur maximale incroyablement élevée d’environ 40 Bq / m3 par rapport à la valeur « normale » mesurée à 0.1 nBq/m3 au moyen d’un appareillage dédié hyper-sensible. Peut-on réellement encore parler de concentrations « inoffensives », attendues qu’elles représentent plus de 400.000 fois l’activité naturelle du Xénon ?
Source : Elevated radioxenon detected remotely following the Fukushima nuclear accident, Bowyer et al., Journal of Environemental radioactivity, juillet 2011

(1) Blindage réalisé à l’aide d’une feuille d’aluminium facilement traversable par les rayons Gamma ; rappelons que plus la densité du blindage est faible, plus son atténuation Gamma est modérée
(2) MeV : Millions d’Électrons-Volt ; chaque radionucléide émetteur Gamma possède une signature permettant de l’identifier formellement : 0.662 MeV pour le Césium-137, 0.081 MeV pour le Xe-133…
(3) L’échantillon considéré comme « normal » étant obtenu idéalement antérieurement ou à la limite postérieurement à l’échantillon analysé si l’on se contente de rechercher des éléments à faible durée de demi-vie
(4) Des sources identifiées d’Europium-152 SCT sont fréquemment utilisées à cet effet car elles présentent la particularité de combiner 3 raies Gamma intéressantes situées à 0.122, 0.344 et 1.41 Me
(5) Incorporation : contamination interne par introduction de source(s) radioactives dans le corps
(6) Décorporation : le contraire, l’expulsion plus ou moins rapide des radionucléides par les voies naturelles ; dans le cas précis des gaz nobles, la dimension de leurs atomes leur permettrait d’échapper presque complétement, selon les scientifiques, au piège des cul-de-sacs pulmonaires

Sources :

Ordres de grandeur sur la place de l'eau sur notre planète


 Si l'immensité des océans nous semble infinie, tout comme la quantité d'eau qu'ils contiennent, des scientifiques américains de l'institut géologique des Etats-Unis (USGS) ont réalisé une illustration où le terme relatif prend tout son sens.
La Terre est également surnommée la planète bleue car, recouverte à 71% d'eau, elle apparait comme une bille bleue dans notre système solaire. Mais quelle est la quantité d'eau sur Terre ?
Les océans contiennent environ 96,5% de toute l'eau présente sur Terre. Mais l'eau n'est pas seulement liquide comme en témoignent les aquifères, lacs, rivières, mers, océans... Elle est également présente dans l'air, sous forme de vapeur d'eau et en tant que glace dans les glaciers (montagnes et calottes polaires). De plus, l'eau se retrouve dans chacun des organismes vivants. Par exemple, notre corps est composé de 55 à 60% d'eau !

Le cycle de l'eau

L'eau ne reste pas en place et suit un cycle, plus ou moins long qui fait que chaque molécule d'eau suit un parcours, des océans aux nappes phréatiques en passant par les nuages, les rivières, les organismes vivants et quelques fois nos robinets et nos bouteilles d'eau !
85 % de l'eau qui s'évapore provient des océans qui recueillent 77% des précipitations.
La très grande partie de l'eau sur Terre est de l'eau salée, présente dans les océans. Malheureusement, cette eau n'est pas directement buvable et l'Homme doit puiser dans l'eau douce pour s'alimenter. De plus, nos sociétés modernes utilisent des quantités phénoménales d'eau pour produire les biens (pas souvent utiles) que nous possédons.

Quelques ordres de grandeur de l'eau sur Terre

Si toute l'eau présente sur Terre (océans, calottes polaires et glaciaires, lacs, rivières, eaux souterraines, vapeur d'eau)  était concentrée dans une sphère, celle-ci aurait un diamètre de seulement 1385 km. C'est à peu près la distance qui sépare Paris (France) d'Alger (Algérie), c'est donc relativement peu ! Cette sphère aurait un volume d'environ 1386 millions de kilomètres cube qui contiendrait environ 1,38 x 1024 litres d'eau, vertigineux...
Environ 12 900 km3 d'eau, principalement sous forme de vapeur d'eau est en suspension dans l'atmosphère. Si toute cette eau venait à précipiter sur Terre, notre planète serait recouverte uniformément d'un peu plus de 2,5 cm d'eau !
Chaque jour, 1 170 km3 d'eau s'évapore ou est transpirée (par les animaux et plantes) dans l'atmosphère.
En ce qui concerne l'eau douce liquide, la majeure partie est présente dans le sol et le sous-sol, bien plus qu'en surface (lacs et rivières).  Ainsi, plus de 8 400 000 km3 d'eau douce sont stockés dans la croûte continentale, la plupart dans les 800 premiers mètres de la surface terrestre. Mais ce sont bien sûr les glaciers et les calottes polaires qui contiennent le plus d'eau douce : quelque 29 200 000 km3, soit 68% de l'eau douce sur Terre !

Toute l'eau sur terre dans une bulle !

Et si on représentait toute cette eau qui nous semble abondante sous la forme d'une sphère en regard de la Terre ? C'est ce travail qui a été réalisé par des scientifiques de l'USGS et le résultat est édifiant !
volumes eau terreCrédit : Howard Perlman, USGS ; illustration du globe Jack Cook, Woods Hole Oceanographic Institution (©) ; Adam Nieman. Source des données : Igor Shiklomanov's chapter "World fresh water resources" in Peter H. Gleick (editor), 1993, Water in Crisis : A Guide to the World's Fresh Water Resources (Oxford University Press, New York).
Cette représentation montre des sphères de différentes tailles par rapport à la Terre. Leur volume est fonction de l'eau qu'elles contiennent.
La plus grande sphère représente l'ensemble de l'eau présente sur Terre : elle n'est pas bien grosse par rapport au volume de notre planète.
La sphère de taille intermédiaire symbolise le volume d'eau douce liquide présente dans les eaux souterraines, les marécages, les rivières et les lacs. Son volume est d'environ 10 633 450 km3 et son diamètre de seulement 272,8 km. C'est bien cette sphère qui représente l'eau directement disponible pour tous les êtres vivants de notre planète, celle que nous buvons et que nous utilisons tous les jours pour notre toilette et nos activités. Rappelons que 99% de cette eau demeure inexploitable, enfouie dans les profondeurs du sous-sol.
Enfin, la petite bille bleue restante, à peine visible, représente l'eau douce contenue dans tous les lacs et rivières de notre planète. Son volume est de 93,113 km3 pour un diamètre d'environ 56,2 km. Il s'agit bien de l'eau de surface, directement exploitable par l'Homme.
Cette représentation donne une dimension tout à fait différente au qualificatif de « planète bleue ». Nous pouvons ainsi mesurer combien l'eau immédiatement disponible devient très limitée et donc précieuse. Il nous incombe à tous de préserver la qualité de cette eau et d'en faire le meilleur usage possible.

Répartition de l'eau sur Terre

SourceVolume (en km3)Pourcentage d'eau doucePourcentage d'eau
Océans, Mers, & Baies1,338,000,000--96,54
Calottes glaciaires, Glaciers & neiges permanentes24,064,00068.61.74
Eau souterraine23 400 000--1.69
    Eau douce10 530 00030,10,76
    Saline12,870,000--0.93
Humidité du sol16,5000.050.001
Glace et permafrost300 0000,860,022
Lacs176 400--0.013
    Eau douce91,0000.260.007
    Eau salée85,400--0.007
Atmosphère12,9000.040.001
Marécages11 4700,030,0008
Rivières2,1200.0060.0002
Organismes vivants1 1200,0030,0001
Source : Igor Shiklomanov's chapter "World fresh water resources" in Peter H. Gleick (editor), 1993, Water in Crisis: A Guide to the World's Fresh Water Resources (Oxford University Press, New York).

La journée mondiale des océans 2012

C'est en 1992, lors du sommet de la terre à Rio qu'est évoquée pour la première fois par le gouvernement canadien, l'idée d'une Journée Mondiale de l'Océan. En 1998, la Commission Océanographique Intergouvernementale de l'UNESCO apporte son soutien à cette célébration internationale. Depuis 2003 cette journée est coordonnée par le Réseau Océan Mondial et l'association américaine, The Ocean Project.
Grâce aux efforts communs, à la participation de chacun, à la mobilisation toujours plus importante de tous pour la journée mondiale de l'océan, l'Assemblée Générale des Nations Unies « a désigné le 8 juin journée Mondiale à compter de 2009 ».
Simultanément sur les 5 continents, les Aquariums, Centres de Sciences, Musées, Associations et Institutions d'éducation à l'environnement marin célèbrent le 8 juin de chaque année la Journée Mondiale de l'Océan. Cette fête de l'océan rassemble plus de 200 organisations dans 50 pays. Au programme, animations, jeux, ateliers artistiques, conférences, films, une journée festive aux couleurs de l'océan.
Le 8 juin 2012, la Journée Mondiale des Océans a comme thème : Jeunesse, la vague du changement.
Enfin la France célèbre la Journée Mondiale des Océans par les Journées de la Mer.

Source

La surconsommation de viandes:des chiffres inquiétants et des conséquences majeures


Il y a deux ans, le WWF France lançait une campagne nationale pour inciter le grand public à demander un minimum de 20% de bio dans les cantines de nos enfants, et ce, conformément aux recommandations du Grenelle. Aujourd'hui, nous n'en sommes qu'à moins de 2 % de cantines soi-disant bio. Mais où le bât blesse, c'est en matière de régime végé. L'abandon ou la moindre consommation de viande est non seulement une cause première de santé publique, mais répond à cette nouvelle écoconscience et à une moindre emprunte écologique. Il est ahurissant que le même WWF ne s'en préoccupe pas. Il existe enfin des familles végétariennes, végétaliennes, voire végans, lesquelles ne souhaitent pas qu'on impose de la bidoche à leurs rejetons. Qu'en serait-il si on présentait cyniquement du cochon aux élèves "français" de culture musulmane ?
Je n'entrerai pas ici dans la critique de ce "bio" qui n'est qu'un retour au naturel de nos grands-parents, je n'interpellerai pas le système qui nous fit passer par une case chimique qui a tout contaminé, y compris notre santé, pour faire aujourd'hui fausse repentance en nous proposant du bio hors de prix et surtout non accessible à tous. À croire qu'une alimentation saine n'est pas incluse dans les droits démocratiques.
Au lieu de considérer d'abord les prétendues écueils du végétarisme (absence de certaines vitamines, de calcium, de fer..), le nouveau paradigme consiste à mettre l'accent sur ses aspects bénéfiques, dont la présence de fibres alimentaires et de micro-constituants à pouvoir antioxydant. Favoriser la consommation des fruits et des légumes va dans ce sens et prévient contre les irréfutables effets délétères des excès de lipides saturés et souvent de sel fournis par les produits animaux. Le régime viandard déviant induit les maladies coronariennes, l'hypercholestérolémie, les accidents vasculaires cérébraux et certains cancers. Est-ce le bon format pour la santé d'un futur adulte ?
Un seul consommateur qui passe au tout végétal, ne serait-ce qu'une fois par semaine, fait montre d'une solidarité planétaire de l'ordre de 5 000 litres d'eau par an. Le choix du mode alimentaire est donc déterminant dans la valeur de l'empreinte écologique de chacun. Si toutes les céréales utilisées pour le seul bétail américain étaient consommées directement, elles nourriraient 800 millions d'humains. N'est-ce pas une raison essentielle dont l'explication à l'enfant est exemplaire du point de vue éthique ?
La production carnée est au premier rang des causes du détournement calorique planétaire : 500 calories d'énergie alimentaire issues d'un steak d'un demi-kilogramme demandent 20 000 calories de carburant fossile à produire. Les voilà les chiffres de la gabegie ! Dans le système Nord-américain, la moitié de l'eau dont la majeure partie est non-renouvelable, est dilapidée au profit de l'arrosage d'une agriculture servant à la nourriture des animaux d'élevage. La pollution des eaux, dont celle de nature pesticidaire, est en grande partie le fait des rejets de l'élevage productif. C'est aux méfaits de l'élevage qu'il faut attribuer 85 % de l'érosion de la fertilité des sols (déboisement, création de déserts agraires, désertification), et 20 % de l'augmentation de l'effet de serre causé par le méthane, gaz largement produit par les vaches que nous mangeons. On saccage 17 mètre carrés de forêt tropicale, abritant une phytomasse de 75 kg de plantes vasculaires et de vie animale, pour produire un steak haché de bœuf, chiffre évalué pour l'Amérique centrale. 200 millions d'hectares de forêts tropicales ont été rasés depuis 50 ans pour faire place à des pâturages d'engraissement ou à des fermes "modèles" de bovidés. Ne s'agit-il pas de thèmes chers au WWF et dont l'enseignement peut contribuer à une prise de conscience universelle du futur écocitoyen ? Cela vaut largement un cours d'éducation civique, non ?
En France, plus de la moitié des émissions de méthane provenant des activités anthropiques proviennent de l'élevage du bétail. Les ruminants produisent, par éructation de gaz provenant des fermentations microbiennes du rumen, d'énormes quantités de méthane, gaz à très fort pouvoir d'effet de serre. Ce même bétail induit l'émission de 40 % d'ammoniaque, cause prééminente des pluies acides. Les nuisances environnementales et les atteintes à la santé publique de telles entreprises nocives sont donc peu imaginables. Lorsqu'on découpe un bifteck ou une côte de porc dans notre écuelle zoophage, outre l'acte cruel que cela représente, il faut bien songer à l'égoïsme que cela implique envers les peuples défavorisés et à l'impact incommensurable stupidement accompli à l'égard de l'environnement terrestre. Les déjections porcines représentent 60 millions de litres de lisier (purin) déversés chaque jour en France, au nom du lobby agro-alimentaire. L'exemple breton donne la nausée. Avec seulement un Breton pour trois cochons, et donc presque 9 millions de porcs (60 % de la production française sur seulement 6 % de la surface agricole nationale) – auxquels il faut inclure 77 millions de volailles en batterie - la Bretagne est en deuil de ses eaux de sources et fait face à une permanente marée verte. Les nitrates issus du lisier ont infesté toute la péninsule, à tel point que l'eutrophisation irréversible des rivières et des nappes phréatiques est de l'ordre de 60 % et que les légumes de bien des secteurs sont désormais impropres à la consommation. C'est une pandémie organisée à laquelle on souhaite donc associer les futures générations par l'entremise de l'Éducation nationale ?
En renonçant au régime carné, ou en reléguant la viande à une consommation très secondaire, voire occasionnelle, il s'agit tant de mettre un terme aux affres environnementaux du pâturage intensif, que de soulager considérablement la faim dans les pays exploités, d'assurer aux pays exploiteurs une alimentation moins pathogène et dégénérative, d'établir un rapport moins barbare entre les animaux éleveurs que nous sommes et les animaux élevés, lesquels le sont très généralement dans des conditions abominables.
Quand on médite sur le fait que l'élaboration d'une seule protéine animale demande sept protéines végétales, l'impact du régime carnivore erroné de l'espèce humaine s'avère considérable et déplorable pour l'équilibre mondial. Ces quelques chiffres qui circulent sur Internet et qui sont peut-être approximatifs en disent long :
  • plus de la moitié de l'eau potable des États-Unis est destinée au bétail ;
  • sur un demi-hectare de terre cultivable, on peut produire soit 70 kg de bœuf, soit 10 000 kg de pommes de terre ;
  • de 7 à 16 kg de céréales ou de produits végétaux sont requis pour produire un seul kilogramme de viande ;
  • il faut 30 000 à 60 000 litres d'eau pour faire 1 kg de viande de bœuf, et seulement 800 litres d'eau pour 1 kilogramme de blé ;
  • la moitié des récoltes alimentaires mondiales sont mangées par le bétail ;
  • 64 % des terres cultivables de notre planète servent à la production de viande (pâturage et fourrage) ;
  • un "Multi Dommage" (comme Mc Donald...) s'ouvre toutes les 17 heures dans le monde, ce qui engendre la désertification de 125 km2 par jour de forêt humide ;
  • comme il faut 5 kilogramme de poissons pour produire 1 kilogramme de farine, et qu'il faudra 5 kilogramme de cette farine pour qu'un bœuf ou un porc produise 1 kilogramme de viande, ce sont donc 25 kg de poissons qui ne servent qu'à la production d'un seul kilogramme de viande !
  • La consommation annuelle mondiale d'engrais de synthèse est passée de 7 millions de tonnes en 1945 à 53 millions de tonnes en 1968, et atteint 150 millions de tonnes aujourd'hui ;
  • 500 types de pesticides sont employés dans l'agriculture industrielle, soit 1,5 à 2 tonnes par habitant, par culture et par an, en Europe ;
  • en 1997, la quantité d'antibiotiques vétérinaires utilisée dans l'Union européenne s'est élevée à plus de 10 000 tonnes ;
  • un panel de plus de quatre-vingt produits différents peuvent être injectés aux cochons modernes durant leur élevage ;
  • les producteurs canadiens de volailles, de porcs, de bovins et de poissons utilisent plus de 20 000 tonnes d'antibiotiques par an en injections, ou incorporées à la moulée ;
  • 80 % des animaux élevés en batterie sont malades ;
  • une trentaine d'hectares de forêts sont détruites chaque minute ;
  • 300 tonnes d'humus disparaissent chaque minute ;
  • plus des trois quarts des terres arables qui existaient lorsque les Européens colonisèrent l'Amérique, ont déjà disparu ;
  • les excréments de bétail représentent 110 tonnes par seconde pour les Etats-Unis et l'Europe, où cela entraine 50 % de toute la pollution des nappes phréatiques ;
  • le bétail des pays riches mange autant de céréales que les Indiens et les Chinois réunis ;
  • un bœuf fournit 200 kg de viande, soit 1 500 repas. Les céréales qu'il a mangées auraient pu servir 18 000 repas ;
  • la consommation carnée utilise 60 % des réserves d'eau mondiale ;
  • il faut 400 litres d'eau à l'heure, 24 sur 24 h, pour faire face aux besoins alimentaires d'une seule personne carnivore ;
  • plus de 50 millions d'enfants meurent de faim chaque année ;
  • un Américain sur trois et un Français sur quatre sont obèses ;
  • 71 % des graisses et protéines qui sont consommées en France sont d'origine animale ;
  • pour fournir 50 kg de protéines, un animal a dû consommer au minimum 800 kg de protéines végétales ;
  • une pisciculture étasunienne de saumons de 8 ha occasionne autant de déchets qu'une ville de 100 000 habitants ;
  • 120 000 tonnes de crevettes ont été produites ces cinq dernières années dans les régions marécageuses de Thaïlande, détruisant ainsi 800 000 tonnes d'autres espèces.

La Grèce une épine dans le pied:quelques précisions




En 2013, la dette de la Grèce atteindra 346,2 milliards d’euros. En 2013, les contribuables de la zone euro vont payer non pas une addition, mais trois additions différentes.
1- Première addition : la BCE détient 45 milliards d’euros de dette grecque. Quand la Grèce fera défaut, la BCE subira des pertes. Les actionnaires de la BCE devront alors recapitaliser la BCE. Les 17 banques centrales nationales paieront : concrètement, les contribuables de la zone euro paieront.
Ils ont l’habitude. Déjà, en décembre 2010, les contribuables ont été obligés de payer 5 milliards d’euros pour recapitaliser la BCE.
2- Deuxième addition : le FMI a prêté des dizaines de milliards à la Grèce. Quand la Grèce fera défaut, le FMI subira des pertes. Le FMI est financé par les contribuables des Etats-Unis, par les contribuables du Japon, par les contribuables de l’Allemagne, par les contribuables de la France, etc.
Les contribuables paieront donc cette deuxième addition.
3- Troisième addition : les prêts bilatéraux accordés par les Etats européens, et aussi les garanties accordées par les Etats européens.
Prenons le cas particulier de la France : quand la Grèce fera défaut, la France subira une perte de 50 milliards d’euros.




lundi 19 novembre 2012

BRÉSIL • Grands travaux et sales petits commerces


En attirant des centaines d’ouvriers venus de loin, les chantiers de construction de grands barrages dans la zone amazonienne génèrent de la prostitution dont sont victimes de très jeunes filles.

” la face cachée du progrès”

Dès l’aube, on aperçoit des femmes devant les cabarets de la rue principale de Jaci Paraná, une ville située à 90 kilomètres de Porto Velho, la capitale de l’Etat du Rondônia [ouest du Brésil].
L’explosion de la prostitution est considérée comme l’un des symptômes les plus manifestes de la croissance désordonnée de la localité, dont la population a grimpé de 6 000 à 20 000 habitants en quelques années, essentiellement du fait de la construction de la centrale hydrolélectrique de Jirau, sur le Rio Madeira [pour de nombreuses ONG, ce mégaprojet mené par Suez à la frontière du Pérou et de la Bolivie constitue un véritable désastre humain et écologique.

Des milliers d’ouvriers sont arrivés, sans leurs familles, de plusieurs régions du pays pour s’aventurer dans cet ouest amazonien en quête de travail. Cet intense flux migratoire a transformé la routine des habitants, aggravant la violence et le trafic de drogues. Les différentes entités de défense des droits des enfants et des jeunes alertent désormais sur la vulnérabilité de cette couche de la population dans la région.

Sans politiques publiques consistantes, l’exploitation sexuelle finit par être le destin de nombreux jeunes afin de survivre. Selon Raiclin Lima, à la tête d’un service du tribunal pour enfants de Porto Velho, la grande concentration d’hommes dans un lieu isolé et pauvre a causé un impact important. “Les filles ont commencé à être harcelées. Le portable, le baladeur numérique et autres biens qui enchantent au départ sont devenus des objets d’échange contre des pratiques sexuelles”, raconte-t-il. Lima précise par ailleurs que l’exploitation sexuelle est devenue un commerce lucratif pour certaines figures influentes de la région. Les mineurs sont amenés d’autres Etats brésiliens et même de Bolivie afin d’être présentés dans des fêtes très souvent organisées dans de grandes propriétés loin du regard des autorités.

Ângela Fortes, en charge de l’aide sociale à l’enfance dans la région, estime que le désœuvrement et le manque d’investissement dans l’éducation font des jeunes des victimes de plus en plus faciles. A Jaci Paraná, les rues non goudronnées, l’absence d’assainissement, les innombrables baraques en bois donnent la mesure de l’urgence. Pour ce qui est de l’éducation, le décor est tout aussi désolant.

"Lors de notre passage à l’Ecole Maria de Nazaré dos Santos, il n’y avait âme qui vive. Les élèves avaient été invités à rester chez eux à cause de la chaleur. A l’humidité et aux températures élevées s’ajoute le sureffectif avec près de soixante enfants serrés dans des classes sans système d’aération. Les professeurs se voient obligés d’apporter leurs propres ventilateurs pour pouvoir travailler. Les cours ont été réduits à quatre par jour de trente minutes chacun. L’Ecole Maria de Nazaré dos Santos compte au total 1 300 élèves du primaire au lycée. C’est le seul lycée public d’Etat à Jaci Paraná; les deux autres établissements sont municipaux. Les trois institutions scolaires tentent, sans grands moyens, de maintenir l’attention des élèves. Pour sa directrice, le harcèlement des jeunes filles est impossible à contrôler : “il y a une quantité incroyable d’hommes ici à cause de la construction des barrages. Les filles ont même appris à différencier les postes les plus élevés à la couleur de la tenue qu’ils portent”. Elle se retrouve à devoir surveiller les allées et venues autour de l’école et à relever les numéros des plaques d’immatriculation des voitures qui, constamment, traquent les adolescentes."

Grossesses précoces 

Solange* a quinze ans et a quitté l’école cinq ans plus tôt. A-t-elle des rêves ? “Non, aucun”. Solange est enceinte de trois mois, le fruit d’une relation rapide avec un des milliers de “camargueiros” – comme sont appelés les ouvriers du géant du BTP Camargo Corrêa. Son petit copain originaire de l’Etat du Pará était venu tenter sa chance dans l’usine de Jirau. Quand il a appris la nouvelle, il a dit que ce n’était pas son bébé. Daiane*, une amie de Solange, vit un drame semblable. Elle raconte comment ces hommes séduisent les jeunes filles en leur offrant des boissons, de la drogue, de l’argent et même de la nourriture en échange de faveurs sexuelles. Agée de quinze ans, elle a déjà été mariée deux fois et sa dernière relation avec un ancien employé du chantier de Jirau s’est mal terminée. Elle est quasiment sûre d’être enceinte et n’a plus la volonté de reprendre l’école. Si cela se confirme, Daiane pense avorter.
En attendant, la jeune fille continue de répondre aux offres d’autres “camargueiros” afin de payer les dépenses pour le logement qu’elle partage avec une amie. Elle a coupé les ponts avec son père, et sa mère, sous l’emprise de la drogue, est incapable de l’aider. Des histoires de ce type sont de plus en plus courantes. Selon la Maternité de Porto Velho, la grossesse chez les adolescentes a augmenté de manière significative ces dernières années. A Porto Velho et dans les environs, les filles de moins de quatorze ans constituent la principale préoccupation des autorités, car c’est dans cette tranche d’âge que le nombre de grossesses a été le plus marquant. Ida Perea, la directrice de la Maternité, explique qu'une bonne partie de cette nouvelle génération est en train de naître sans aucun soutien du père : “l’enfant vient au monde sans le droit de base d’avoir une identité paternelle reconnue”.

photo: generationslive.fr

Quant à l’exploitation sexuelle des enfants et des adolescents, un rapport rendu public en mars dernier par l’ESBR (le consortium Energia Sustentável do Brasil, responsable du chantier du Jirau) montre que, sur les 160 millions de reais [61.6 millions d’euros] destinés par le consortium à des œuvres sociales dans l’Etat du Rondônia, un million aurait été réservé pour des actions spécifiques sur ce thème. Pourtant, à ce jour, seulement 20% des fonds ont été utilisés. Le secrétariat des Droits de l’Homme affirme développer depuis deux ans, en partenariat avec l’ONG Terre des Hommes, un plan d’action pour la réalisation de formations et de campagnes de sensibilisation des travailleurs sur les chantiers. Une initiative parmi d’autres que le gouvernement a mis en place afin de lutter contre l’exploitation sexuelle en lien avec la construction de centrales hydrolélectriques.

Malgré la mobilisation des Indiens de plusieurs ethnies et des pêcheurs, un autre grand chantier, le barrage de Belo Monte est en cours sur le fleuve Xingu en Amazonie brésilienne. Cet ouvrage sera le troisième au monde. Sa construction avait été envisagée dès la fin des années 80 mais le gouvernement avait dû reculer face aux protestations des indigènes, de l’Eglise catholique, de stars du show-biz ainsi que de la Banque mondiale. 
Le réservoir du barrage devait inonder quelque 1700 km2 de terres. Après négociation, les surfaces inondées ont été ramenées à 500 km2 et ne devraient pas toucher les terres indiennes.

Le barrage de Belo Monte est l’un des grands travaux imaginés par le parti de Lula (et de l’actuelle présidente Dilma Roussef) dans le cadre du PAC, le programme d’accélération de la croissance qui doit permettre au Brésil d’accroître ses ressources énergétiques. 

Des incidents opposent fréquemment les Indiens et les pêcheurs au consortium Norte Energia, qui construit le barrage de Belo Monte. En octobre dernier, les manifestants ont occupé le site et empêché la poursuite des travaux.

  • Maíra Streit pour Courrier International 

    http://www.courrierinternational.com/article/2012/11/16/grands-travaux-et-sales-petits-commerces